Soyez-en sûr : Fenriz et Nocturno Culto
vous emmerdent ! Ils n’en font qu’à leur tête et c’est tant mieux. Alors que
tous les Ayatollahs voudraient les voir continuer à forger ad vitam aeternam
des méfaits de la trempe de A Blaze In The Northern Sky ou Transilvanian Hunger
qui ont fait de Darkthrone au début des années 90 l’un des pères spirituels du
black metal norvégiens, eux s’en battent les couilles comme de leur premier
slip et se refusent donc à faire ce que l’on attend d’eux.Les mauvaises langues
diront que le groupe ne survit plus aujourd’hui que grâce à sa légende. Pas
faux. Cela ne les empêche toutefois pas de proposer de bons disques et
d’évoluer. Evoluer ? D’une certaine façon, oui. A leur façon surtout.
Contrairement à certains ténors de la scène, tels que Enslaved ou Solefald, le
duo n’a pas décidé d’aller de l’avant, plutôt de passer la marche arrière en
fait.Chantre d’un black primitif, dépouillé de toutes afféteries, cru à en être
malsain, Darkthrone demeure fidèle à son style, mais pas de la manière dont ses
fans le souhaiteraient. Son conbustible est à chercher désormais du côté du
punk, de la NWOBHM, et plus que jamais de Venom et des premiers Bathory voire
de Motorhead ( !), comme l’illustre “ F.O.A.D.” sur lequel Fenriz au micro
retrouve la voix biberonnée au Jack’s Daniels de Lemmy. Si son prédécesseur,
The Cult Is Alive, lui avait déjà tracé la voix, Fuck Off And Die lui est bien
supérieur car, accrocheurs, bruts de chez bruts, venimeux, décadents, les neuf
titres qui le composent, s’avèrent plutôt inspirés, à commencer par les trois
premiers, les imparables “ These Shores Are Damned ”, “ Canadian Metal ” et
“The Church Of Real Metal ”, qui sentent les dessous-de–bras et la bière.
Rock’n’roll en diable, quoi. Pas très ambitieux certes – les textes sont d’une
débilité géniale - mais sincère et tant pis si la deuxième face (pardon, les
derniers morceaux) est quand même nettement moins marquante, malgré les riffs
grésillants et obsédants qui ouvrent le terminal “ Wisdom Of The Dead ”. Darkthrone
est détenteur d’une identité très forte, d’un son garantit première prise qui
n’appartient qu’à lui. Devenus un gang pour bikers, Nocturno Culto et Fenriz se
font plaisir, vidangent des albums comme d’autres vont aux chiottes. Les gens
aiment : tant mieux ; ils n’aiment : tant mieux aussi ! Soyez-en sûr, ils vous
adresse un gros doigt d’honneur et ne devraient déjà plus tarder à vomir un
nouveau jet. A l’heure où vous lirez ces lignes, cela sera peut-être même déjà
fait… (cT2009)
Black Metal | 40:18 | Peaceville Records
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