Hordes
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samedi 14 janvier 2012
Anamnesi - Anamnesi (2010)
Label modeste, inégal mais cependant passionné, Naturmacht nous permet toutefois de découvrir parfois d'excellents petits groupuscules, surtout lorsqu'il tamise la terre du Black Metal plutôt que de l'Ambient médiéval du pauvre à la manière du Burzum carcéral d'ailleurs. Après Blaze Of Sorrow, c'est de nouveau d'Italie que la découverte a lieu avec Anamnesi, à la fois nom du seul musicien à l'animer, du projet et de ce premier jet en tout point remarquable.
S'inscrivant dans un substrat historique et culturel national (l'instrumental "1919"), l'oeuvre creuse la peau d'un Art Noir extrêmement mélancolique et cryptique sans pour autant s'égarer au milieu des marécages suicidaires. Au demeurant très réussi, "Anima Al Fronte" ouvre trompeusement l'album avec un rythme souvent effréné ne reflétant pas un ton général plus porté sur la dépression.
De fait, dès la plage Ambient et mortutaire "Ombre", Anamnesi entame une descente à la mine en serrant le frein à main, quand bien même l'iItalien ne s'interdit pas quelques accélérations fiévreuses ("Ora é Sempre", "Attesa Rinascita"). Si on peut juger sa construction curieuse, agglomérant en début et en fin de parcours de courtes pistes instrumentale, avant d'aligner en son centre de (plus) longues complaintes, il n'en souffre étonnamment pas.
Et on est très vite engourdi par celles-ci et leur progression lancinante, à l'image de "Orizonte Del Pensiero" qui injecte son poison très lentement ou du noir "Legionari Dell'Orsa Maggiore", pollué par ces riffs dissonnants suintant l'humidté souterraine par toutes les notes. Sans rien révolutionner, Anamnesi parvient néanmoins à laisser de profonds résidus dans la mémoire car un suaire véritablement sinistre le drape cependant qu'il possède cette faculté précieuse à avaler la moindre source de lumière aux alentours.
A l'instar de Blaze Of Sorrow ou de Tenebrae In Perpetuum, l'Italien réussit à capturer une négativité, une vibration obscure qui fait (parfois) du Black transalpin dans ses meilleurs moments, le digne héritier des Grands Anciens lorsque le genre était habité par une énergie noire et malsaine non feinte. Fort de ce galop d'essai, reste à savoir si ce one band band n'est pas voué comme tant d'autre à sombrer trop vite.... 7.5/10
mercredi 23 novembre 2011
Xaos Oblivion - Desolation... (2011)
Le fait que Desolation... ne soit en réalité qu'une restauration de vieux titres originellement gravés au fond d'une cave entre 2005 et 2006 à une époque où le nom de la bête polonaise n'était pas encore bien défini, importe peu. Non, ce qui compte est que l'on tient là une des plus nocives doses de décrépitude sonore entendues depuis longtemps.
Pourtant, des projets du genre de Xaos Oblivion, soit une seule face de ghoule qui, en bon misanthrope, se charge de tous les instruments (ou presque) ainsi que de la prise de son (forcément) polluée et primitive, on a en déjà plein les étagères du salon, certains excellents (Ars Diavoli), d'autres beaucoup moins voire franchement pas du tout mais le Polonais rumine avec une telle sincérité son mal-être que l'on finit pas être touché par ce Black Metal suicidaire dont le minimalisme et le caractère volontairement répétitif, créant une espèce de transe d'un dolorisme hypnotique, demeurent certes des invariants éprouvés mais d'une noirceur néanmoins toujours aussi belle lorqu'elle est peinte avec une telle puissance obscure.
Là où trop de ses confrères dans la désolation, confondent bien souvent sentiments dépressifs et morne léthargie qui vous emmerde plus qu'elle ne vous engourdit, ce qu'elle est pourtant censé faire, Xaos Oblivion maintient généralement un rythme soutenu (sauf sur le bien nommé "Suicide" qui inocule son venin avec une lenteur morbide et le temps de "Falling", curieux et inutilement long), à l'image de "Degradation" qui, après une entame d'une lancinance délicieusement sinistre, voit son poul s'accélérer et ce, pendant plus d'une dizaine de minutes. Car, et vous vous en doutiez, le reclu de Lublin reste fidèle aux durées qui s'étireeeennt au-delà du supportable, même si on n'a toujours pas fait mieux (ou pire, c'est selon) dans le genre, que le Förlorad de Svart. De fait, s'ouvrant sur une porte d'entrée ambient et narrative ("Enter To The Circle Of Nightmares", l'opuscule aligne cinq complaintes pour une marche funèbre de plus de cinquante minutes lugubres à souhait, "Desolation" s'imposant même comme une sublime mortification.
Les connaisseurs - ou ceux qui sont déjà prêts à se glisser une corde autour du cou - apprécieront, les autres, sans doute que non. Forcément indispensable en cette saison où s'installe peu à peu l'hiver et les longues nuits qui l'accompagnent... 7.5/10 (Music Waves)
samedi 19 novembre 2011
dimanche 30 janvier 2011
vendredi 28 janvier 2011
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