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lundi 19 mars 2012

Artesia - Wanderings (2011)


Environ tous les deux ans depuis 2003 et sa séminale démo L'éveil de l'âme, Artesia vient nous rendre une charmante petite visite, égrenant avec délicatesse une musique éthérée, qui ne s'interdit pas une certaine noirceur, dont les racines s'enfonçent dans  la forêt de Brocéliande, ses légendes et ses mythes. 

Nonobstant la qualité réelle de Chants d'Automne (2007) puis de Llydaw (2009), le projet emmené par la jolie Agathe pouvait toutefois donner l'impression de commencer à tourner en rond, figé un substrat Heavenly peinant à se renouveler. La présence de Loic Cellier (Belenos), à l'origine de petits intermèdes instrumentaux avaient permis à la dernière offrande d'y puiser un souffle bienvenue bien que trop timide. Wanderings serait-il une simple photocopie, aussi élégante et feutrée soit-elle ? 

Contre toute attente et alors que le duo également formé de la violoniste Gaëlle reste fidèle à une écriture dont il ne se départira sans doite jamais, ce quatrième opus surprend agréablement. En puisant davantage son inspiration dans la cendre gothique et funéraire, le rapprochant alors des denières oeuvres de Dark Sanctuary ("Aerial"), Artesia a peut-êre un peu perdu une part de sa personnalité ce qu'il a gagné en ténébreuse beauté. 

Les influences celtiques demeurent, comme l'illustre le très bel instrumental "The Gaels" mais son idendité féérique et terreuse y fusionne avec des orchestrations mortuaires d'une funeste gravité. On peut affirmer sans crainte que le choix de collaborer cette fois-ci avec Jean-Charles Wintrebert de Demian Clav (également signé chez Prikosnovénie) fut très certainement judicieux, ce dernier s'articulant comme la pièce manquante de cette précieuse entité. 

Jamais la musique d'Artesia n'a sonné avec autant de tristesse (à l'image du déchirant dernier titre), quand bien même une mélancolie diaphane l'a toujours nimbé de sa brume hivernale. Chant spectral, piano tragique et lignes de violon dramatique esquissent une symphonie profondément désenchanté mais belle comme une forêt en automne.  Jamais également Agathe n'a semblé aussi inspiré, couchant de sombres mélopées. Bien qu'homogène, Wanderings est composé de pièces qui cette fois-ci se distinguent les unes des autres, corrigeant ainsi le principal défaut grevant quelque peu ses aînés. 

Ce faisant, il est permis d'affirmer qu'Artesia livre sans doute son meilleur essai à ce jour, comme s'il avait enfin trouver enfin l'équilibre qui lui manquait. Une réussite. 7.5/10



dimanche 18 mars 2012

Aditi - Leading The Iron Resistance (2011)


Si en France, son nom peut faire sourir, évoquant alors un célèbre comédien, Arditi ne rigole pourtant pas vraiment. Marten Björkmann et Henry Möller, l'hydre à deux tête qui le commande, font même partie des artistes qui ont su le mieux ériger une architecture martiale, à capturer cette essence totalitaire indissociable des régime fascistes de l'entre-deux-guerres et surtout du IIIème Reich dont les Suédois s'inspirent, sans pour autant rejoindre clairement les groupuscules du NSBM, ne serait-déjà parce que, si connection il y a - on songe bien entendu à leur collaboration passée avec Marduk -, le matériau sonore sculpté par Arditi n'a rien à voir avec du Black Metal. 

Mais, en préférant aux artifices métalliques une plastique Ambient et froide comme la pierre, constituée de sonorités guerrières et de roulement de batteries comme échappés d'un champ de bataille et de bribes vocales, murmurées ou scandées tel un discours envenimé, le projet résonne d'une dureté toute militaire cent fois plus inquiétante que bien des assauts barbares découpillés par les porte-drapeaux de l'Aryan Black Metal. 

Après plus de dix années d'activisme et cinq offrandes (sans compter les nombreux EP et un split partagé avec Signa Inferre), Arditi a encore la capacité de progresser, de ne pas se répéter, enfermé qu'il est pourtant dans une niche aux perspectives d'évolution à priori assez limitées et, ce faisant, e nous étonner. C'est ce qu'il fait avec Leading The Iron Resistance aux accents encore plus symphoniques (dans le sens noble du terme) qu ses prédécesseurs au point de lui conférer des allures de bande originale de film ("Arming For War"). Les envolées quasi wagnériennes de "Forging A New Man", la dimension opératique de "We The Unity, You The Man", la beauté grandiose de "Leading The Iron Resistance" et la noirceur tragique de "Volunteers" contribuent notamment à la réussite de cet album où éclate le talent visionnaire de ses auteurs en même que cette puissance d'évocation phénoménale. 

Ecouter cette oeuvre  revient à plonger dans ces temps sombres cependant que le concept du sur-homme explose littéralement de ces pistes d'une flamboyance grise et austère. A l'image de des stutues habillant son livret, Leading The Iron Resistance a quelque chose de ces colosses de marbres représentatif d'un art totalitaire. 

Fidèle autant à son écriture qu'à son idenité, Arditi enfante encore une fois un chef-d'oeuvre de musique martiale, assemblage de sonorités glaciales que fissure une puissance d'une gravité ferrugineuse. 7.5/10



lundi 12 mars 2012

Shroud Of Bereavement

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