Hordes
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mardi 28 octobre 2014
vendredi 13 juin 2014
dimanche 19 mai 2013
jeudi 15 décembre 2011
YOB - Atma (2011)
Si on se demande toujours pourquoi il s'est sabordé en 2006 pour au final se reformer deux ans plus tard - mise en sommeil qui aura permis à Mike Scheidt de butinner l'éphémère Middian - le fait est que YOB reste ce groupe attachant qui ne ressemble à nul autre dont on accueille les nouvelles giclées avec un plaisir inchangé depuis Catharsis (2003), seconde offrande grâce à laquelle nombreux sont ceux à l'avoir découvert. Les années se suivent, les albums (six à ce jour) aussi mais le Sludge/Doom cosmique forgé par le power-trio n'a pas bougé d'un iota.
De fait, Atma, qui succède à The Great Cessation, album qui scella à la fois le retour des Américains et l'alliance avec Profound Lore Records, se contente de forer le même socle que ses aînés. Le chant de canard enrhumé de Mike, les rythmiques de bûcheron épaisses et rablées et ce goût pour les longues échappées (plus de 10 minutes en moyenne) forment encore une fois la base de cet opus.
Ceci étant, la capacité à pouvoir parfois décoller très haut, comme ce fut le cas sur The Unreal Never Lived semble depuis sa résurrection avoir été gommée au profit d'une musique plus terreuse encore, qui ne parvient jamais à s'extraire de la gangue de boue dont elle est prisonnière ("Upon The Sight Of The Other Shore"). Tricottant de longs instants suspendus au bord du vide, comme il le fait à mi parcours de "Before We Dreamed Of Two" ou gravant dans le granite des riffs pachydermiques d'une douloureuse beauté tel qu'il en possède le secret (on pense à l'entame tellurique et démentielle de "Prepare The Ground"), YOB demeure le maître incontesté d'un Doom démesuré dans sa manière d'étirer un canevas lesté de plomb.
Mieux, Atma possède nettement plus de charme que The Great Cessation et se déleste de quelques unes des meilleures compositions vidangées par ses auteurs. Passé un premier titre terrassant, l'oeuvre s'abîme peu à peu dans une marre de mazoute avant d'atteintre un orgasme sismique avec le monumental "Adrift In The Ocean", enclume terminale en forme de montée en puissance (presque) instrumentale de près de 14 minutes, où le chant ne surgit qu'après une quasi moitié d'écoute durant laquelle Mike sculpte des lignes de guitares belles à en pleurer, poissées d'une tristesse infinie, avant d'ériger avec ses deux comparses (ainsi qu'en guise d'invité et de cerise sur le gâteau, Scott Kelly de Neurosis) une falaise rythmique contre laquelle la guitare vient ensuite se fracasser. Et lorsque survient ce solo gorgé de mélancolie annoncant une fin dont les coups de boutoir s'apparentent à d'ultimes battements de coeur, on termine l'écoute à genoux mais avec le sourire de celui qui vient de connaître un plaisir absolu.
L'album ne comporterait que ce titre, il en serait quand même indispensable. Et alors que nous pensions ne plus avoir de surprise avec YOB, celui-ci, dont l'art singulier est parvenu à maturité, signe peut-être son meilleur album à ce jour. 8/10 (Music Waves)
A lire : The Illusion Of Motion (2004), The Unreal Never Lived (2005)
lundi 12 décembre 2011
YOB - The Unreal Never Lived (2005)
Il faut battre le fer tant qu’il est chaud. En crachant le petit frère de son troisième méfait, The Illusion Of Motion, à peine un an après avoir publié ce dernier, Yob a, en n’a pas douter, fait sien cet adage.
Encore une fois, les ricains nous gratifient de seulement quatre titres en 50 minutes environ ! Y a pas besoin de s’armer d’une calculette pour comprendre qu’il s’agit de pavés d’une durée conséquente. Deux genres en particulier aiment rien moins qu’étirer ses chansons jusqu’à la rupture : le progressif et le doom. Yob n’ayant rien à voir avec Yes, il pratique donc du doom ; un doom cosmique comme lui seul est capable actuellement d’en torcher.
Et étant américain, le trio vomit une musique qui, sans être aussi roots que celle de Saint Vitus par exemple, ou aussi extrême que celle de Khanate ou de Sun O))), possède ce son si caractéristique ; ces guitares au goût prononcé de féraille ; et cette rythmique granitique, propres au doom de son pays d’origine. Cosmique car ces quatre morceaux s’envolent très haut vers des sphères célèstes qu’aucun autre groupe auparavant n’a oser explorer. Cosmique enfin, pour ses paroles versant dans le mystique, une des marques de fabrique du trio.
Proche parfois de Sons Of Otis, Yob s’en éloigne malgré tout par une approche plus structurée de ses compositions qui sont tout sauf des jams improvisées et ce, en dépit de leur longueur parfois exagérée (plus de 20 minutes pour l’infernal “ The Mental Tyrant ”) ; ainsi que par le despoir qui enveloppe sa musique (comme sur l’énorme “ Quantom Mystic ” ou “ Grasping Air ”).
En tout cas, le groupe nous offre encore une fois un album de doom monstrueux et tout bonnement remarquable, à conseiller aux amoureux des divagations acides d’Electric Wizard, en plus accessible toutefois. 8/10 (nb : chronique écrite en 2006 et non retouchée depuis)
A lire : The Illusion Of Motion (2004), Atma (2011)
samedi 10 décembre 2011
YOB - The Illusion Of Motion (2004)
Yob est encore un jeune groupe et The Illusion Of Motion n’est que son troisième album. Mais il s’agit du premier a bénéficié d’une large exposition car produit par le puissant label indépendant Metal Blade. Cette signature devrait permettre aux Américains de mieux faire connaître leur musique. Et Dieu sait qu’elle le mérite !
En dépit d’un patronyme ridicule, le groupe lui, ne rigole pas et délivre un doom gigantesque à la fois aussi tellurique que les abymes de l’enfer (“ Exorcism Of The Host ”) et aussi cosmique qu’un Pink Floyd ayant absorbé du LSD par boîte de 12, même si l’ensemble a la légèreté d’un porte-avion.
On pense parfois à Electric Wizard, les délires acides en moins. L’analogie ne s’arrête pas là car les deux groupes s’articulent autour d’un trio (ce n’est toutefois plus le cas pour les rosbifs). De fait Yob, quand bien même il régurgite des morceaux très longs (plus de 26 minutes pour le dernier des quatre titres qui composent The Illusion Of Motion), a cette capacité à aller à l’essentiel. La guitare, la basse et la batterie n’ont pas besoin de nappes de claviers pour tricoter les atmosphères mélancoliques chères au doom.
Cependant, répandre le désespoir ne constitue pas la priorité des Américains qui préfère voir copuler leurs instruments afin de cracher la musique la plus pachydermique possible. Malgré leur longueur qui les entraîne parfois au bord de la rupture, les chansons ne sombrent pas dans une lenteur pétrifiée et mortifère (bien que le morceau–titre, déjà cité, soit un pavé monstrueux qui n’est pas si aisé à “ savourer ” jusqu’au bout) . Elles ne nous invitent pas non plus à contempler des paysages désolés ou gangrénés par une urbanité suppliciée. Elles sont davantage un plongeon dans un labyrinthe sonore, certes plutôt extrême, mais où la mélodie n’est jamais bien loin, grâce à un chant qui donne l’impression d’entendre Ozzy avec un gros rhume, et à des riffs de toute beauté.
Vu l’excellence de cet album et un potentiel qu’on devine énorme, Yob est un groupe à suivre de très très près, et qui possède déjà une identité forte au sein de la scène doom américaine. 7.5/10 (nb : chronique écrite en 2006 et non retouchée depuis).
A lire : The Unreal Never Lived (2005), Atma (2011)
A lire : The Unreal Never Lived (2005), Atma (2011)
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