Hordes
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lundi 2 avril 2012
dimanche 1 avril 2012
vendredi 10 février 2012
Ava Inferi - Onyx (2011)
Alors que ses anciens compagnons de route n'ont à ce jour toujours pas donné signe de vie (ou plutôt de mort) discographique depuis la mortification Ordo Ad Chao qu'il avait par ailleurs en partie composé, Blasphemer signe avec Ava Inferi, son désormais principal port d'attache, son quatrième opus en l'espace de cinq ans, preuve supplémentaire que Mayhem lui devait beaucoup en terme d'écriture, si n'est quasiment tout !
Titre merveilleusement choisi, Onyx confirme que le groupe que forme le guitariste avec sa muse Carmen Simoes, a bien atteint avec Blood Of Bacchus sa maturité artistique. il s'enfonce dans un même substrat marécageux entre Doom atmosphérique et Gothique fantômatique, entre chaleur lusitanienne et froideur polaire. Intelligemment, Rune Eriksen, dont on reconnait cependant l'empreinte tellurique ("Majestic") se fond dans cet ensemble brumeux que guide la silhouette spectrale de la chanteuse dont la voix suinte une tristesse souterraine, fil conducteur d'un album bercé par un ressac d'ambiances marines.
A l'écoute de ces huit perles d'une grande richesse, on mesure combien le talent du Norvégien est grand, tant chaque composition est travaillée, pensée comme une pièce s'emboitant dans un tout homogène et finalement indivisible. L'entrée de cet édifice se fait avec le morceau éponyme, lourd et vaporeux. Le décor écartelé entre ombre et pale lumière, est installé. Mais c'est à partir de "The Living End" qu'Onyx prend toute son ampleur, pulsation envoûtante où le chant féminin dialogue avec un organe masculin d'une profondeur qui n'est pas sans évoquer celle d'un Peter Bjargö (Arcana). C'est ténébreux et nous emporte très loin au fond d'un paysage de lagunes crépusculaire.
Ensuite, l'oeuvre progresse jusqu'au monumental "The Heathen Island", lente dérive tricotée par une rythmique à la fois écrasante et hypnotique, que renforce le travail de Dan Swanö responsable du mixage et du mastering, devenu depuis l'album précédent presque un cinquième membre.
Enfin, Onyx meurt sur deux respirations plus posées bien qu'elles partagent avec le reste du menu une couleur mélancolique identique, témoin ce "Venice In Fog" dont les premières mesures se parent d'une beauté plaintive désespérée, note terminale d'un disque porteur à l'instar de ses aînés, d'une identité extrêmement personnelle en cela qu'il a quelque chose d'insaisissable en lui, caractère qu'explique peut-être le fait que le coeur d'Ava Inferi, se situe quelque part entre le Portugal et la Norvège. 8.0/10
jeudi 22 décembre 2011
Yearning - Plaintive Scenes (1999)
Après un premier opus, With Tragedies Adorned, ancré dans le doom death et magnifique de désolation, Yearning commence avec Plaintive Scenes à entamer sa mue vers un metal plus atmosphérique bien que toujours mélancolique. Les rythmes se font moins lourds et la voix caverneuse, toutefois encore employée avec parcimonie, constitue l’un des derniers oripeaux du passé extrême du groupe finlandais. Le chanteur privilégie cette fois une profonde voix claire qui convient mieux à l’orientation plus mélodique de l’album.
Par contre, la musique est toujours belle et majestueuse, comme le prouvent les superbes pièces que sont “ Unwritten ” qui résume à lui seul ce qu’est Yearning aujourd’hui, “ Plaintive Scenes ”, “ Soliloquy II ” ou bien “ Eyes Of The Black Flame ” et leurs riffs envoûtants qui vous rentre dans la tête pour ne plus en ressortir tel le venin d’un serpent se répandant dans vos veines. Dans l’ensemble, les titres sont plus courts, plus ramassés, plus équilibrés aussi ; le tempo est plus rapide (toute proportion gardée bien sûr, on ne parle pas ici de speed !) et l’on peut même noter l’adjonction, certes discrète, de quelques voix féminines et de flûtes.
Bien sûr, la vieille garde criera au sacrilège mais Yearning offre pourtant une musique peut-être même plus intéressante qu’autrefois et démontre que la stagnation artistique ne l’intéresse pas, quitte à se mettre à dos les fans de la première heure qui devraient cependant toujours retrouver ce sens de la mélodie et de la mélancolie qui faisait déjà le charme de With Tragedies Adorned en faisant un petit effort d’ouverture. A noter pour faire bonne mesure, la pochette très réussie signée Jean–Pascal Fournier. 7.5/10 (nb : chronique écrite en 2006 et non retouchée depuis).
A lire : With Tragedies Adorned (1997), Frore Meadow (2000), Evershade (2003), Merging Into Landscapes (2007)
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